Miroir (nom masculin, subst. masculin)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Nom masculin 

XII e siècle, mirëur . Dérivé de mirer .
1. Toute surface polie qui réfléchit la lumière et renvoie l'image des objets. Les anciens utilisaient des s d'or, d'argent ou d'étain poli. Les s de bronze des Étrusques. Couramment, désigne une plaque de verre ou de cristal étamé ou argenté, où l'on peut voir son image réfléchie (pour un de plus grande dimension, on parle plutôt de Glace ). Jusqu'au XVII e siècle, les s furent fabriqués par les verriers de Murano, qui conservaient le secret de la fabrication du tain . Miroir de Venise, bordé d'un cadre de verre biseauté et ornementé, selon la tradition des ateliers vénitiens. Miroir de toilette, de poche. Miroir à trois faces. Présenter un à quelqu'un. Consulter son . Se dit de divers instruments ou dispositifs, constitués d'une surface polie, plane ou courbe, qui a la propriété de réfléchir les rayons lumineux, et dont la forme et les dimensions correspondent à des usages déterminés. Miroir plan, sphérique. Miroir concave, qui fait converger les rayons lumineux provenant d'un faisceau parallèle. Miroir convexe, qui fait diverger les rayons lumineux qu'il réfléchit. Miroir parabolique, dont la surface réfléchissante est constituée par un paraboloïde de révolution. Miroir elliptique, dont la surface a la forme d'une ellipse. Miroir prismatique, composé de surfaces planes disposées de manière à former un prisme. Miroir cylindrique. Miroir pyramidal, constitué de triangles plans, disposés de manière à former une pyramide. Miroir à facettes. Miroir de Fresnel, dispositif constitué de deux s plans mis bord à bord, déterminant un angle légèrement inférieur à 180°, et servant à la production de franges d'interférence. Miroir déformant, grossissant . Spécialt. Miroir ardent, concave permettant de faire converger les rayons solaires sur un objet pour l'enflammer. Archimède aurait inventé les s ardents pour incendier à distance les vaisseaux romains qui investissaient Syracuse. Par ext. . Instrument monté sur un pivot et garni de petites plaques brillantes, qu'on fait tourner et qu'on expose au soleil pour attirer les alouettes et d'autres petits oiseaux. Chasser au . Prendre des alouettes au . Loc. fig. Miroir aux alouettes, se dit de ce qui est attrayant mais trompeur.
2. Par anal. Miroir d'eau ou, ellipt., miroir, pièce d'eau de forme géométrique, sans jets ni chutes, placée de manière à réfléchir la façade d'un édifice et les ordonnances d'un parc. Les s de Versailles. Écriture en , identique à ce qu'est une écriture normale quand elle est reflétée par un . Les carnets de Léonard de Vinci sont écrits en . Entaille peu profonde, laissant paraître l'aubier du tronc ou une partie plus tendre de l'écorce, faite au marteau pour marquer dans une coupe les arbres à abattre ou à réserver.
3. Fig. Ce qui offre à l'esprit l'image, la représentation d'une réalité, et la met en quelque sorte devant nos yeux. La comédie, la satire est un où nous nous voyons souvent sans nous reconnaître. Selon Stendhal, un roman est un qui se promène sur une grande route. Spécialt. Nom donné à divers ouvrages du Moyen Âge, pour traduire leur nom latin de Speculum.


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Nom masculin 

Glace de verre ou de cristal étamée, ou métal poli, où l'on peut regarder son image réfléchie. "Miroir de toilette, de poche. Miroir de Venise. Se regarder dans un . Cette femme est sans cesse devant son . Les anciens avaient des s de métal."
Il se dit aussi de Tout corps uni ou poli qui, ne donnant point passage à la lumière, la réfléchit et renvoie l'image des objets. "Ce ruisseau, cette rivière lui offrait le de ses eaux."
MIROIR se dit, figurément, de Ce qui représente une chose et la met en quelque sorte devant nos yeux. "La littérature est le plus souvent le des moeurs. Le théâtre, la comédie est un où nous nous voyons sans nous reconnaître. Les yeux sont le de l'âme."
"Miroir ardent," Sorte de qui, étant exposé au soleil, en rassemble les rayons dans un point appelé foyer, en sorte qu'il brûle ce qui lui est présenté.
"Miroir convexe, concave, prismatique, pyramidal, parabolique, cylindrique, conique, à facettes, etc.," Miroirs dont les formes diverses sont indiquées par leurs noms mêmes. "Miroir déformant, grossissant," Miroirs qui altèrent différemment l'image des objets.
MIROIR désigne, en termes de Chasse, un Instrument monté sur un pivot et garni de petites plaques brillantes qu'on fait tourner et qu'on expose au soleil pour attirer des alouettes et d'autres petits oiseaux. "Chasser au . Prendre des alouettes au ."
En termes d'Eaux et Forêts, il se dit des Places entaillées sur le tronc d'un arbre et marquées avec le marteau.
"Miroir d'eau," Pièce d'eau de forme géométrique destinée à compléter un ensemble architectural sur le parterre précédant la façade d'un édifice.



Dictionnaire d'Emile Littré

Subst. masculin 



 1   Verre étamé, ou métal poli, qui rend la ressemblance des objets qu'on lui présente. Se regarder dans un .
Mme DE LA FAYETTE: « Je ne veux point m'amuser à vous dire... que votre teint a une beauté et une fleur qui assure que vous n'avez que vingt ans ; que votre bouche, vos dents et vos cheveux sont incomparables.... votre vous le dit assez »
BOSSUET: « Il est de ce fils [Jésus] et de cette mère [Marie] comme de deux s opposés, qui, se renvoyant réciproquement tout ce qu'ils reçoivent, par une espèce d'émulation multiplient les objets jusqu'à l'infini »
MAINTENON: « Trois heures au tous les matins ; c'est deux de trop »
VOLT.: « Les Vénitiens eurent seuls, au treizième siècle, le secret des s de cristal »
BUFF.: « Les anciens Romains se servaient de s d'étain que l'on fabriquait à Brindes, et il y a toute apparence que cet étain était mêlé de bismuth »
BRISSON: « On appelle un corps dont la surface est assez bien polie pour réfléchir avec régularité la plus grande partie des rayons de lumière qu'elle reçoit »
BRISSON: « Pour pouvoir apercevoir un objet entier dans un plan, il faut que la longueur et la largeur du soient moitié de la longueur et de la largeur de l'objet »
    Fig.
BOSSUET: « Ne parlons pas de ces esprits faibles qu'on mène où l'on veut par des louanges, qui s'arrêtent à tous les s qui les flattent, qui s'éblouissent à la première lueur d'une faveur même feinte »
V. HUGO: « Ah ! le peuple ! océan ! onde sans cesse émue !... Miroir où rarement un roi se voit en beau ! »
    Peindre comme dans un , représenter exactement.
SÉV.: « Vous nous peignez, comme dans un , la beauté, la grandeur, la magnificence, l'étendue de toutes ces possessions »
    Présenter le , donner un à quelqu'un pour qu'il s'y regarde.
    Fig. Présenter le , dire la vérité, représenter sans ménagement.
BOILEAU: « Lucile le premier.... Aux vices des Romains présenta le »
    Fig. Le de l'espérance, les idées flatteuses qu'elle nous présente.
BÉRANG.: « Dans nos refrains que le passé renaisse ; L'illusion nous rendra son »
    Terme d'archéologie. Miroirs étrusques, disques de bronze légèrement concaves et munis d'une queue, que l'on retrouve dans les tombeaux étrusques. On suppose avec vraisemblance que le côté concave était disposé en . Le grand intérêt actuel de ces bronzes est dans le côté convexe, sur lequel sont gravés, au trait, des sujets, le plus souvent mythologiques, et d'une mythologie ordinairement galante. Le savant Gerhardt a fait un ouvrage sur les s étrusques.

 2   Nom donné, en optique, à toutes les surfaces solides, polies, planes ou courbes, qui sont susceptibles de réfléchir la lumière. Miroir concave, convexe, prismatique, pyramidal, parabolique.
    Miroir mixte, dont la surface réfléchissante est composée de lignes qui sont droites dans un sens et courbes dans un autre.

 3   Il se dit de petits s que les femmes ont portés quelquefois comme bijoux.
PASC.: « Une jolie demoiselle toute pleine de s et de chaînes »

 4   Par extension, objet ou brillant ou poli comme un . Ce parquet est un . Ce ruisseau nous offre le de ses eaux.
SÉV.: « Ce mauvais temps, qui vous glace le Rhône et la Durance, nous a fait un de la Seine »

 5   Fig. Modèle.
RÉGNIER: « La clémence du roi, le des monarques »
RÉGNIER: « Faites, s'il est possible, un de votre âme »
TRISTAN: « Ô gloire de ton sexe, ô de ton âge ! »
TRISTAN: « Cet illustre empereur, ce des grands princes »

 6   Fig. Ce qui représente une chose et la met pour ainsi dire sous nos yeux.
CORN.: « Médée est un de vertu signalée »
CORN.: « L'occasion est belle, il nous la faut chérir ; Nous serons les s d'une vertu bien rare »
CORN.: « L'un m'invite à le suivre, et l'autre me fait peur ; Mais l'exemple souvent n'est qu'un trompeur »
CORN.: « Mais il [un songe] passe dans Rome avec autorité Pour fidèle de la fatalité »
CORN.: « On peut sur le passé former des conjectures. - Le passé mal conduit n'est qu'un trompeur, Où l'oeil bien éclairé ne fonde espoir, ni peur »
MOL.: « Toutes les peintures ridicules qu'on expose sur les théâtres, doivent être regardées sans chagrin de tout le monde : ce sont s publics où il ne faut jamais témoigner qu'on se voie »
BOSSUET: « La science du christianisme, qu'est-ce autre chose qu'un fidèle et céleste, dans lequel Jésus-Christ se représente ? »
FLÉCH.: « J'ai fait, sans y penser, le portrait du saint que je dois exposer à vos yeux, comme un de patience dans les persécutions, un exemple de douceur pour ses ennemis, un modèle des vertus épiscopales »
BOILEAU: « Un discours trop sincère aisément nous outrage ; Chacun dans ce pense voir son image »

 7   Miroirs ardents, s concaves, faits ordinairement d'acier extrêmement poli, qui, rassemblant les rayons du soleil, font prendre feu aux corps combustibles qu'on présente à leur foyer. Le ardent que S. A. R.
FONTEN.: « monseigneur le duc d'Orléans a acheté de M. de Tschirnhaus est du moins un témoin irréprochable d'une grande partie de ce qu'il avait avancé ; ce est convexe des deux côtés et est portion de deux sphères dont chacune a douze pieds de rayon »
BUFF.: « L'histoire des s ardents d'Archimède est fameuse ; il les inventa pour la défense de sa patrie »
BUFF.: « Par la première expérience que j'ai faite, le 23 mars 1747, à midi, j'ai mis le feu, à 66 pieds de distance, à une planche de hêtre goudronnée, avec 40 glaces seulement, c'est-à-dire avec le quart du environ »
VOLT.: « Sans l'invention des s ardents, personne n'aurait pu ni dû assurer que les rayons du soleil sont un feu véritable qui divise, qui brûle et détruit, comme notre feu que nous allumons »

 8   Terme de chasse. Morceau de bois taillé en arc, portant plusieurs petits s qui sont soutenus par une cheville au milieu de laquelle est un trou pour mettre une ficelle, afin de faire tourner ces s ; des filets sont disposés pour prendre certains oiseaux qui se laissent attirer par les reflets au soleil. Prendre des alouettes au .
    Miroir anglais, espèce de à alouettes qu'un chasseur peut faire mouvoir en même temps qu'il tire.
    Pêche au , se dit d'une manière d'attirer le poisson en recevant dans un la lumière de la lune.

 9   Miroir magique, métallique, sur lequel sont gravés légèrement des signes et des inscriptions cabalistiques, assez distincts pour être vus sans toutefois troubler les reflets du , et avec lequel on prétendait deviner l'avenir ou apercevoir les choses éloignées.
DE LABORDE: « Depuis la plus haute antiquité, en Asie, jusqu'à la cour du régent, en France, jusqu'à nos jours dans le Levant, ces s magiques sont en usage et en vogue mystérieuse »

 10   Dans un langage très grossier, à putain, bel homme qui attire l'attention des femmes.
ST-AMANT.: « Pour me donner un nom qui me soit convenable, Chloris, ton jugement est plus que raisonnable, Quand tu viens m'appeler un à putains ; Je n'en refuse point le titre ni l'usage : Il est vrai, je le suis ; tes propos sont certains ; Car tu t'es bien souvent mirée en mon visage »

 11   Terme de cuisine. Oeufs au , oeufs cuits sur le plat, sans que les jaunes se confondent avec les blancs, ce qui leur donne l'apparence d'autant de petits s.

 12   Terme de décoration de jardins. Pièce d'eau dont la forme rappelle celle d'un .
    Terme de pêche. Endroit d'une rivière où la surface de l'eau est très unie.

 13   Terme d'administration forestière. Place où l'on a enlevé l'écorce, sur un arbre, pour y mettre l'empreinte du marteau.

 14   Terme d'architecture. Ornement en ovale, taillé dans une moulure creuse.
    Terme de construction. Cavité produite dans le parement d'une pierre par un éclat qui a pénétré trop profondément.

 15   Endroit d'une peau de chagrin où le grain n'est pas formé.

 16   En zoologie, partie des plumes du milieu de l'aile de divers oiseaux qui tranche sur les parties voisines par la netteté de ses limites et surtout par la dissemblance de sa couleur, avec ou sans reflet métallique. Le est vert violet chez le canard sauvage.
BUFF.: « La soucrourette [espèce de sarcelle] a sur l'épaule la plaque bleue avec la zone blanche au-dessous, et ensuite le vert, tout comme le soucrourou ; le reste du corps et la tête sont couverts de taches d'un gris brun ondé de gris blanc »
    Taches qui terminent les barbes de la fausse queue de quelques oiseaux comme le paon.
    Cheval bai à , voy. MIROITÉ.

 17   Ancien terme de marine. Cartouche de menuiserie placé au-dessus de la voûte de l'arrière, et portant les armes du prince ou la figure dont le vaisseau a tiré son nom.

 18   Terme de chasse. Fiente des bécassines à l'aide de laquelle on reconnaît leur passage.

 19   Miroir des Incas, ancien nom du fer sulfaté poli.
    Miroir d'âne, le gypse laminaire.
    Miroir de Sainte-Marie, de la Vierge, du pèlerin, la chaux sulfatée à lames blanches.

 20   Miroir de Vénus, voy. MIRETTE.
    Miroir du temps, mouron rouge.

 21   Espèce de papillon de jour.

 22   Miroir, ordre militaire institué en 1410 par Ferdinand de Castille, après une victoire remportée sur les Maures ; la chaîne était de fleurs de lis, entremêlées de griffons.

HISTORIQUE
    XIIIème siècle
RUTEB.: « Miraours de chevalerie Fu il, tant com il a vescu »
     Liv. des mét. 43: Quiconques veut estre ovriers d'estain, c'est à savoir fesieres de s d'estain, de fremaus d'estain, de souneites....
     la Rose, 10687: Car tretout cil qui ont à vivre Devroient apeler ce livre Le miroer as amoreus
     ib. 1563: Ainsinc cum li mireors montre Les choses qui li sunt encontre, Et i voit l'en sans couverture Et lor color et lor figure
    XIVème siècle
DE LABORDE: « Un mirouer d'or, poinçonné dehors à lis, et dedans est une annonciation esmaillée sur le blanc »
     Baud. de Seb. III, 60: Certes, s'il n'est hardis, il ne vaut pas deux gans, Fors pour faire jalous et nous et nos enfans ; C'est un mirois à dames pour estre decevans
    XVème siècle
FROISS.: « Celle dure aventure lui devoit bien estre [au comte de Flandres] un grand mirouer, et dut estre toute sa vie »
     Boucic. III, 13: Aristides qui mit à la mesure de justice tout le pays de Grece, et qui fut le mirouer de continence et de vertu
    XVIème siècle
DESPORTES: « Quand, de moi mesme, en moy je me regarde, Je voy comme le tans m'est sans fruict escoulé »
D'AUB.: « Le prince partant de St-Denis (comme estant logé au milieu), aussi accompagné du cardinal de Chastillon, des vidames de Chartres et d'Amiens, des comtes de Saux et de la Suze, ayant pris pour mirouer Stuart avec 33 Escossois : tout cela marcha jusques au pavé »
LOYSEL: « En chacune branche de parage, celle qui s'appelloit mirouer de fief [la branche aînée] par l'ancienne coutume du Vexin, pouvoit porter la foi pour toutes les autres »
COTGRAVE: « Il n'y a meilleur que le vieil ami »
LEROUX DE LINCY: « Le porte en soy L'imaige laquelle il ne voit »
DE LABORDE: « Un ardent d'assier, tout rond, à deux bords dorez et entre deux ung cercle d'asur, l'envers dudit tout doré »

ÉTYMOLOGIE
    Mirer ; Berry, mirouer, miroué ; bourguig. mirô ; le Mans, mireux ; provenç. mirador. Il y a deux formes pour ce mot : miraor, mireor et le provençal mirador signifient proprement le mireur ; , , miroer, mirouer, signifient l'instrument à mirer.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE MIROIR. Ajoutez :

 23   Une des pièces de l'appareil musical des cigales.
CARLET: « Le , si mince et si bien tendu sur son cadre, défie toute imitation, et réalise l'idéal de la membrane vibrante »

 24  
     Acad. des sc. Comptes rendus, t. LXXXIII, p. 1133: Miroir de Virgile, nom qu'on donnait à une pièce de verre, transparente, de forme ovale, longue de quatorze pouces dans son plus grand diamètre, de douze pouces dans son petit, et épaisse d'un bon pouce, que l'on conservait dans le trésor de Saint-Denis


1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Subst. masculin 


Glace de verre ou de cristal, qui, étant enduite par derrière avec une feuille d'étain et du mercure, réfléchit l'image des objets qu'on lui présente. "Grand . Miroir de toilette, de poche. Miroir de cristal de roche. Bordure de . Glace de . Miroir de Venise. Se regarder dans un . S'ajuster au . Un qui flatte, qui enlaidit, qui n'est pas fidèle. Cette femme est sans cesse devant son . Dès que cette femme arrive quelque part, elle court au ."
Il se dit aussi de Tout corps poli qui, ne donnant point passage à la lumière, la réfléchit, et renvoie l'image des objets. "Les anciens avaient des s d'airain. Plusieurs des s qui servent aux expériences de catoptrique sont de métal. Ce ruisseau, cette rivière lui offrait le de ses eaux."



2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se dit, figurément et au sens moral, de Ce qui représente une chose et la met en quelque sorte devant nos yeux. "Cet homme est un de vertu, de patience. Le théâtre, la comédie est un où nous nous voyons souvent sans nous reconnaître. La satire présente son aux hommes pour les faire rougir de leurs vices. Les yeux sont le de l'âme. C'est vainement qu'on offre à des hommes prévenus le de la vérité."
"Miroir ardent," Sorte de , soit de verre, soit de métal, qui, étant exposé au soleil, en rassemble tellement les rayons dans un point appelé le foyer, qu'il brûle, presque en un moment, ce qui lui est présenté.
En termes de Catoptrique, "Miroir convexe, concave, prismatique, pyramidal, parabolique, cylindrique, conique, à facettes, etc.," Miroir dont les formes diverses sont indiquées par leurs noms mêmes, et qui altèrent différemment la forme apparente des objets.
"OEufs au ," OEufs qu'on fait cuire sur un plat enduit de beurre, sans les brouiller, et qu'on nomme aussi "OEufs sur le plat."



3ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



en termes de Chasse, Instrument monté sur un pivot et garni de petits morceaux de , qui tourne au moyen d'un ressort, et qu'on expose au soleil, pour attirer par son éclat des alouettes et d'autres petits oiseaux. "Prendre" ou "tirer des alouettes au ."



4ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



en termes de Marine, Le cadre ou cartouche de menuiserie, placé à l'arrière du vaisseau, et chargé des armes du roi, quelquefois aussi de la figure qui donne son nom au vaisseau. Il est vieux en ce sens: on dit aujourd'hui, "Tableau."



5ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



en termes d'Eaux et Forêts, se dit Des places entaillées sur le tronc d'un arbre, et marquées avec le marteau.



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)

Subst. masculin 

["Mi-roar".] Glace de verre où l'on "se mire". 'Se regarder "dans un ". S' ajuster "au ". = Il y a aussi des s de métal, concâves, convexes, etc. = "Miroir ardent", de verre ou de métal, d'une ou de plusieurs pièces, qui, étant exposé au soleil, en rassemble les rayons dans un point apelé "foyer", de sorte qu'il brûle presqu'en un moment ce qui lui est présenté.
   MIROIR se dit au "figuré". 'Les yeux sont "le de" l'âme; ses diverses afections se manifestent dans les yeux.
   Un discours trop sincère aisément nous outrage;
   Chacun, "dans ce ", pense voir son visage.
       "Boil."
On disait autrefois, c'est "un " (un exemple) "de vertu", "depatience". Cette expression est hors de mode.




Emplacement dans le dictionnaire :

miraculé
miraculeusement
miraculeux
mirage
miré
mire
mirer
mirifique
mirobolant

miroitant
miroité
miroiter
mis
misanthropique
miscible
mise
mise en possession
miser
misérable
miserable




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Jean MORÉAS (Les Stances)

...la muse, hélas ! M'accorde encore, ô mes vers, autrefois vous étiez, au jardin, la fleur qui vient d'éclore et l'oiseau dans les bois ; vous étiez le ruisseau quand le soleil l'égaie et s'en fait un miroir. Et maintenant, mes vers, d'une mortelle plaie vous êtes le sang noir ! 2e LIVRE (XX) Muse, comment sais-tu de ces heures sinistres tisser un jour vermeil, comment à l'unisson fais-tu sonner les...


Citation n°2 de Jean MORÉAS (Poèmes et Sylves : 1886-1896)

...habite sur tes lèvres, jeune homme, et l'on dirait que dans tes yeux se lève l'Ourse brillante, fille de Lycaon. L'épautre de Toscane, la myrrhe grasse et l'iris en vain font le col d'Aspasie un miroir ; en vain Plouto soupire, et tu te ris du vieil Eumolpe et de son parasol en ivoire. Car, jeune homme, de quelle herbe, de quelle fleur du Phase ou de Tempé, de quel hippomanès d'une cavale en...


Citation n°3 de Pierre LOTI (Le Mariage de Loti : Rarahu)

...le soir, le soleil venait de disparaître ; la frégate glissait sans bruit, en laissant derrière elle des ondulations lentes et molles qui s'en allaient mourir au loin sur une mer unie comme un miroir. De grands nuages sombres étaient plaqués çà et là dans le ciel, et tranchaient violemment sur la teinte jaune pâle du soir, dans une étonnante transparence de l'atmosphère. à l'arrière du Rendeer,...


Citation n°4 de Pierre LOTI (Le Mariage de Loti : Rarahu)

...sur de grosses pierres luisantes, entre lesquelles sortaient les troncs frêles des goyaviers. -les branches de ces arbustes se penchaient en voûte au-dessus de nos têtes, et dessinaient sur ce miroir légèrement agité les mille découpures de leur feuillage. -les fruits mûrs tombaient dans l'eau ; le ruisseau en roulait ; son lit était semé de goyaves, d'oranges et de citrons. Nous ne disions rien...


Citation n°5 de Pierre LOTI (Mon frère Yves)

...du côté du sud, s'étendait le pays breton jusqu'aux montagnes noires ; et puis, au nord, c'était le port de Roscoff avec des milliers de petits rochers bizarres criblant de leurs têtes pointues le miroir de la mer, -le miroir de la grande mer bleu pâle, qui s'en allait se fondre là-bas très loin dans la pâleur semblable du ciel. Cela nous amusait d'avoir enfin réussi à monter dans ce Creizker, qui...


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